Une fille, originaire de
Libye, en 2e années de Master FLE à l'université d'Arras nous
livre son témoignage. Elle est venue en France il y a quatre ans.
Je suis venue en France
pour apprendre la langue française, après pour devenir une
professeur de français dans mon pays. Je vais enseigner à
l'université. Et le problème à l'université, il y a un niveau A1
et il y a un niveau B1 parce qu'il y a des étudiants qui ont déjà
étudiés le français. Au lycée il y en a d'autres qui n'ont pas
étudiés le français, donc c'est un problème. [Pour venir en
France, j'ai effectué les démarches par] notre ambassade, toutes
les procédures pour venir en France. Parce que moi je suis étudiante
boursière, donc toutes les démarches ont été faites par
l'ambassade, jusqu'à notre arrivée. Et après ils nous laisse
choisir quelle ville [on préfère] et après... Personnellement, je
suis venue à Tour, je connais quelqu'un là-bas qui m'a suivie pour
faire toutes les démarches. Je ne suis pas toute seule
Quelles difficultés
tu as rencontrées en France ?
En gros, je n'ai aucune
idée du système français. Je n'arrive pas à parler correctement
français. Aussi faire des démarches pour la Sécu [la sécurité
sociale], pour la CAF. Même pour faire la carte de bus. Tout ça
c'est un gros problème pour moi. Mais heureusement j'ai rencontré
quelqu'un qui m'a aidée. « Allez aujourd'hui, on va aller à
la Sécurité sociale » et pour remplir des papiers, c'est lui
qui fait tout. A la banque aussi, j'ai fait quelques démarches.
Et à la Fac, à
l'université, tu as encore des difficultés ?
Oui. Par exemple pour
l'écriture, pour faire une synthèse, un résumé ou une
dissertation, c'est un problème parce que je ne connais pas le
système français, faire une introduction, thèse, synthèse.
Mais ça, tu vas en
avoir besoin, ça va être important ?
J'en ai besoin parce que
je voudrais l'enseigner à mes futurs étudiants pour ne pas avoir la
même difficulté que moi.
Quels conseils tu
donnerais à des libyens et des libyennes qui veulent venir en
France ?
En fait, je leur
conseillerais de faire connaissance avec la France avant de venir.
Maintenant c'est très facile avec internet. Chez nous, à mon temps
[autrefois, quand j'étais jeune] c'était très difficile d'avoir
internet, on devait aller dans un bureau d'internet, on devait payer
une heure... maintenant c'est plus facile. Mais il doit être au
courant de l'actualité, contacter l'université avant de venir, de
comprendre où tu vas.
Et la culture
française...
Oui, j'ai une grande
difficulté, je n'arrive pas à contacter les gens, je dis à mes
voisins, bonjour, bonjour, c'est tout. Il n'y a pas de contact, parce
que moi parfois j'ai envie d'emprunter quelque chose à ma voisine.
Elle dit : « Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ? »
et moi à ce moment-là.... Parfois j'emprunte de l'argent « Ah
je voudrai prendre un café, il me manque un centime ». Je
demande : « Est-ce que tu peux me prêter un centime, s'il
te plaît ? » « Est-ce que vous avez un œuf, je
voudrais faire une omelette » mais... Autre chose, on doit dire
Bonjour, Merci, S'il vous plaît. A chaque acte on le dit. Nous c'est
pas la peine de dire merci toujours. Si tu ne connais pas la
personne, tu dis merci mais en France on dit 1000 fois merci par
jour.
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