Voici le témoignage d'une jeune
chinoise, étudiante en Master 2 FLE, à l'université d'Artois, qui
est arrivée en France en 2014 pour étudier la langue française :
Je viens de la Chine, je suis chinoise.
Je suis venue en France en 2014. Ça
a pris que trois mois. J'ai couru partout pour les papiers mais ça
n'a pris que trois mois. Mais il y en a qui mettent deux ans, trois
ans.
Avant de partir, tu veux dire ?
Oui, parce que l'ambassade les a
refusés. Parce qu'ils n'ont pas bien préparé. Je suis arrivée en
France comme étudiante. Je suis rentrée dans une école de
pâtisserie à Rouen. Après je suis en Master à l'université
d'Artois. Je suis venue en France pour apprendre le français pour
l'enseigner à l'université en Chine.
Quelles étaient les difficultés,
avant de venir ?
Avant de venir, le problème... je ne
savais même pas c'est quoi [ce qui] qui est difficile pour moi,
parce que je ne suis pas dans la situation, je ne parle pas souvent
le français, du coup je ne savais même pas ce qui était était
difficile pour moi en France. C'est comme une page blanche. Une fois
que je suis arrivée j'ai eu du mal à communiquer avec les gens. On
me comprend pas, en fait. Une fois je suis arrivée à l'aéroport de
Paris, je comprenais ce qu'on me racontait mais les gens ne me
comprenaient pas.
Avec le temps... J'ai parlé souvent
avec des Français. Il faut regarder la télévision, parler avec des
français. On répète les phrases comme ça.
Quels conseils tu donnerais à des
Chinois qui veulent venir étudier à l'université en France ?
Il faut parler. On parle pas bien au
début mais c'est pas grave. Il faut parler pour progresser.
Est-ce que tu as eu du mal à
comprendre les cours en Master ?
En Master 1, j'ai eu du mal à
comprendre, mais en Master 2... Peut-être que je suis habituée, je
comprends beaucoup mieux qu'en Master 1. J'ai l'impression, je sais
pas pourquoi. J'ai l'impression que je comprends mieux qu'en Master
1. En Master 1, j'ai rien compris en fait. Ce sont des mots que je
comprenais pas. Parce que le FLE, je connaissais pas du tout avant.
Quand le prof lit, ce sont les mots. Je n'ai jamais rencontré ces
mots dans la rue. C'est pour ça j'ai du mal à comprendre.
Quels mots par exemple...
« Didactique », je savais
pas ce que ça voulait dire. On ne parle pas de didactique dans la
rue ! Par exemple, quand j'étais en formation en pâtisserie,
il y a des mots qu'on emploie pas dans la rue, je comprend rien. Mais
une fois j'ai cherché dans le dictionnaire, après on répète tous
les jours. On répète tous les jours les mots nouveaux.
C'est intéressant!
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